Produit par Steve Albini dans son fameux " Electrical Studio ", le deuxième album de ce trio autrichien casse la baraque, à plus d'un titre. C'est que le rock désossé (" post-core " ?) de Valina n'est en rien balisé : même après plusieurs écoutes, la surprise reste toujours de mise, comme quoi chez ces Autrichiens, on déteste les eaux qui dorment. En ce sens, " Vagabond " rappelle les meilleures galettes Dischord, de Q & Not U à Fugazi, bref tous ces groupes chez qui les traditions instrumentales sont mises à mal, pour mieux nous captiver. La guitare, la basse et la batterie sont ainsi exploitées de manière subtile et toujours inventive, se répondant avec force dans un fracas des plus imprévisibles.
Dès " Comes The Horsehead Thinker ", le premier titre, on sent déjà cette envie de ruer dans les brancards du punk-rock le plus immature : les riffs et la rythmique, répétés jusqu'à l'écœurement, créent une sensation de malaise, contrebalancée par une évidence mélodieuse qui rassure. Tout au long de l'album, cette cadence hypnotique ne faiblira pas d'un pouce, même sur les morceaux les plus calmes (" Director's Clowns "). Le summum est atteint avec " St. Petersburg Me Cannibal " (ces titres !), qui filerait le tournis à n'importe quel amateur de rock incandescent (genre At The Drive-in), suivi d'une sorte de diptyque féroce (" Last " et " Air Edna ") érigeant la cassure en règle d'art. Avec de tels ambassadeurs (+ Radian), l'Autriche pourrait bien devenir la plaque tournante d'un nouveau rock, insubordonné et brillant.

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