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Zoot Woman

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Sorti au début de la vague du eighties revival, leur premier album, était plutôt passé inaperçu. Enfin, excepté ce " Living in a Magazine ", un joli tube régressif, fiévreux et vintage pour les fans de Visage, Yazoo et des Buggles. Pour ce deuxième album, les frères Blake et Stuart Price (alias Jacques Lu Cont des Rythmes Digitales) semblent, à force d'avoir écumé les dance-floors et gobé trop d'Ecstas, s'être réveillés d'une mauvaise gueule de bois. Résultat : " Zoot Woman " sonne comme un lendemain qui chante, se la joue profil bas, abandonne toute excentricité, le souffle au cœur et les oreilles bourdonnantes. Il fait gris au pays des beats sudatoires (sédatifs ?) et des refrains qui claironnent : " Grey Day " ouvre ainsi l'album sur une pointe d'amertume, carburant davantage à l'essence qu'aux hallucinogènes… La boule à facettes s'est brisée sur le macadam, et Zoot Woman se cherche une nouvelle jeunesse, moins frivole, plus mature. " Grey Day " donne donc le ton, plus mélancolique, mais n'en est pas moins fantastique : lors d'une écoute distraite, on croirait presque que Queens of the Stone Age s'est invitée en backing band. Ca roule à vive allure, comme si l'électro pop du trio anglais défilait à du 120 sur une autoroute déserte… Le son est, de fait, bien huilé : sur " Taken It All ", les beats, plus downtempo, rappellent ainsi les productions Crydamoure (le label de Daft Punk), voire le " Sometimes " des… Rythmes Digitales, avec Nik Kershaw au chant. " Gem " se veut plus ‘catchy’, une basse à la Peter Hook conduisant la manœuvre avec classe et fierté. " Hope in the Mirror " (ses nappes élégiaques, ses bleeps certifiés d'époque et cette beatbox métronomique) finit par nous convaincre : Zoot Woman a changé, en mieux. Confirmation par " Snow White " et sa guitare folk moulée dans un bain d'amiante : une jolie preuve qu'à l'ère du tout digital, certains savent encore composer de belles ballades. La mélodie un peu couillonne de " Woman Wonder " nous ferait presque sourire si la fin de l'album ne distillait pas un sentiment toujours plus sombre et nostalgique, dépouillé de toute envie festive. Sur " Half Full of Hapiness ", des violons synthétiques à la Carpenter annoncent ainsi le prochain tournant d'une électro dont les Zoot Woman étaient devenus les plus fervents apôtres : une électro de plus en plus adulte, davantage basée sur le songwriting, qui délaisserait un temps le dance-floor pour réfléchir à son avenir.

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Zoot Woman
  • Genre: Electro/Hip-Hop
  • Label Prod: Wall of Sound / Labels
  • Date: 2003-12-31
  • Rating: 0
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