Tamikrest est une formation touareg qui pratique une forme de blues/rock/world particulièrement originale. Elle est née en 2006, au Nord-Est du Mali, à l’issue des dernières émeutes qui avaient éclaté dans la région. A l’instar de leurs aînés –et probablement maîtres– Tinariwen le collectif africain chante dans la langue des Touaregs, le Tamasheq. Des textes engagés qui relatent les guerres civiles qui ont ravagé la population, entre 1990 et 1995, lorsque ce peuple nomade s’est soulevé pour réclamer davantage d’autonomie. Un peuple victime du sous-développement, de la corruption, du chômage et de la désertification. Une situation difficile que l’observateur étranger ne comprend pas toujours très bien. Et pour cause, ce conflit se déroule dans une région de l’Afrique Occidentale, sans grand intérêt pour les grandes puissances économiques.
C’est la formation australienne Dirtmusic qui avait permis au combo de se révéler sur la scène internationale. Musicalement, Tamikrest pratique un cocktail de rock vintage et de blues chaloupé, secoué par des rythmes tribaux. La voix d’Ousmane Ag Mossa est fière et lancinante. Tour à tour gémissantes ou ‘hendrixiennes’ les guitares déchirent littéralement les mélodies sinueuses. A l’instar de « Fassous Tarahnet » (« Son Amour Prestigieux »), le dansant « Aratan N Tinariwen » (« Les Héritiers du Désert ») ou « Tidit » (« La réalité »), une compo bercée de violons qui figurait au générique de leur second album, « Toumastin ». On imagine même un Jimmy Hendrix ressuscité, se cachant dans le désert saharien, pour combattre aux côtés des jeunes africains qui se révoltent…
Tamikrest se traduit par ‘avenir’, en tamasheq. La troupe espère qu’il sera meilleur pour leur tribu. A force de le dire, de l’écrire et de le chanter, ils y parviendront peut-être un jour. C’est aussi une des missions de la musique dite ‘rock’…

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