‘Il faudra bien que ça arrive, je partirai’. Ouvrir un album posthume par cette phrase, il fallait oser. C'est pourtant ce qu'avait proposé Gilbert Bécaud et qu'a réalisé son fils Gaya. Écrire, composer, chanter, le père avait fait tout ce pour quoi il était indispensable. Il a laissé le matériau brut à ses héritiers et ses amis qui ont pris soin d'y apporter la touche finale, de tout mettre en valeur sans rien trahir.
On retrouve ici quelques amis, via un duo avec Serge Lama ou des extraits de comédie musicale interprétés par Annie Cordy (le poignant " Bravo " sur la rafle du vel'd'hiv). Et puis, surtout, on constate que Bécaud vivait bien avec son temps. Sur " On marche ", il prend même des accents rap et scratch pour ironiser sur ce monde de gagnants : " Tu n'marches pas, t'es foutu/Les autres te marchent dessus/il faut marcher mordant/Ou t'es perdant ". Et il fait même un cadeau aux écolos en prenant la défense du loup face aux chasseurs intempestifs : " L'homme n'est pas en danger/le loup tue pour manger/Les loups tuent pour ne pas mourir/Les hommes tuent par plaisir ". N'y voyez pas de l'opportunisme : le respect de la nature, Bécaud le chantait dès 1976 dans " Mr Cousteau ", " Le Rhône " ou " La légende de l'esquimau ".

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