Les Strokes seraient-ils au rock ce que Scream était aux slasher movies ? Explications : lorsque Wes Craven réalisa sa bluette d'horreur pour ados attardés et fans de série B, il ne s'imaginait sans doute pas devenir le nouvel ambassadeur d'une vague de films abominables où de pauvres bimbos se faisaient trucider par des tarés masqués au gros complexe d'Œdipe. Pourtant, à l'origine, son film était sympathique, mélangeant l'horreur et la mise en abîme d'une façon hilarante et bien foutue. C'est la même chose pour les Strokes : en revenant aux racines du rock'n'roll avec leur look CBGB, leurs chansons revêches de trois minutes et leur attitude digne d'une star des seventies, les jeunes New-Yorkais nous rappelaient au bon souvenir des Stooges et de Television. Résultat : un album terrible, une vraie claque, et un bon gros "Fuck" viril aux électroniciens justement en panne d'inspiration. Sauf que ces jeunes branchés de la Grosse Pomme ont engendré à leur suite toute une myriade de groupes soi-disant rock'n'roll, nous faisant aussitôt regretter notre enthousiasme pour ce garage punk revival. Servi à toutes les sauces, ce rock-là deviendrait presque aussi tannant que la lounge, tant on en bouffe depuis des mois : "Back to the roots", clamaient plus d'un journaliste lors de la sortie de "Is This It ?", aussi excités que des vieux ados ayant redécouvert leurs vieux disques d'enfance oubliés dans le grenier. Eh bien non, y en a marre de ces Shins, Yeah Yeah Yeahs, Vines, The Plan, Gluecifer, Von Bondies, McLusky, The Catheters et j'en passe (il en naît un par jour, comme des parasites). Le rock est vivant ? D'accord. Mais qu'on en finisse avec ces groupes marketés qui se dégonflent comme des baudruches après trois écoutes de leurs disques.
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