Elbow est un quintet issu de Manchester. Il nous revient trois ans après avoir rencontré son premier véritable succès commercial, « The Seldom Seen Kid ». Et « Build a rocket boys » devrait suivre plus ou moins le même chemin. Les mélodies sont d’une finesse extrême, empreintes d’une belle mélancolie ; elles glissent dans l’oreille comme des poissons fendent la rivière. La douce et jolie voix de Guy Garvey vient voleter à la surface de ces airs limpides. Et le temps peut passer sans que jamais on n’en prenne conscience. Pour preuve, les huit minutes de « The Birds » s’écoulent sans qu’on ne prête attention à la longueur du morceau. Le chanteur nous envoûte, nous noie dans son océan de notes parfaites.
Elbow a construit un petit coin de paradis. Le quintette répond au plaisir du public, il envoie celui-ci au septième ciel. Mais trop de perfection mène à l’ennui et à l’indifférence. Une fois dans les nuages, on ne demande qu’à redescendre sur terre, là où les défauts peuvent avoir autant de charme que les qualités. Car c’est avant tout notre appréciation de ces failles qui détermine le fondement d’un lien avec quelqu’un ou quelque chose. Et dans cette optique, les cinq Mancuniens partent avec un fameux handicap. Les adeptes de cette logique apprécieront modérément « Build a rocket boys ». Pour ceux qui peuvent estimer la perfection à sa juste valeur : régalez-vous !

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