Marnitude propose son premier Ep. Il est découpé en six titres, le tout pour à peine plus de 20 minutes en musique. Toutes ces pistes transpirent la mélancolie et la nostalgie. Mais une certaine poésie, éternellement liée à ces sentiments, émane des mélodies ‘froides et fragiles’, comme les qualifie lui-même le chanteur et guitariste Jean-Rémy Papleux. Elles paraissent transporter cette beauté et cette tristesse que seule l’automne est capable d’exalter. L’orgue, derrière lequel se cache Nils Méchin, renforce cette sensation si particulière. Ses notes, entremêlées à celles de la guitare de Jean-Rémy Papleux et à celles de la basse de Julien Doigny, prennent l’apparence d’un air qui décroche et fait tomber les souvenirs, comme le vent provoque la chute des feuilles, une fois celles-ci roussies. Et les morceaux défilent comme nos souvenances dans notre tête. La délicate voix veloutée nous souffle de continuer cette bal(l)ade maussade, comme le craquement des feuilles mortes sous nos pieds nous incite à poursuivre notre chemin. On s’imprègne de cette force si chagrine et si belle à la fois.
Mais lorsque les dernières notes se sont envolées, on ne sait si le temps qu’a duré ces effluves cafardeux était trop court ou si les prolonger aurait nui à leur efficacité. Le seul moyen d’en avoir le cœur net serait de pouvoir l’expérimenter. Reste donc à Marnitude de nous en proposer plus, pour savoir si notre réceptivité demeurerait intacte tout au long de dix ou quinze plages d’un tel acabit.

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