Une fois immergé au sein de ce double album dont chaque titre insuffle une solide dose d'émotion, on ne peut plus en sortir. Dream Theater, leader incontestable de la scène prog-metal, vient de signer le chef d'oeuvre de sa carrière ; si bien qu'aucune faiblesse ne vient entacher cette double plaque d'une homogénéité rare, dont les titres ne tombent que très rarement en-dessous des 8 minutes. Pas facile d'accès? Certes, mais la rigueur des envolées instrumentales, la puissance et la pureté du son, la richesse des harmonies, la beauté et la finesse des mélodies rendent finalement ce "Six Degrees" bien plus digeste que la plupart des productions du genre, souvent pompeuses à outrance. Dream Theater peut prétendre au titre si envié du Rush du XXIéme siècle ; et Dieu sait s'il n'était pas aisé de trouver un digne héritier au célèbre trio canadien qui, déjà dans les seventies, avait tracé les grandes lignes de conduite du genre.
Ciselé avec une précision d'orfèvre, l'album est partagé en deux parties bien distinctes. La première plaque s'ouvre avec brutalité par un "Glass Prison" dont la lourdeur du riff évoque Metallica période "Masters of Puppets". Rien que ça ! L'enchaînement sublime opéré par "Blind Faith", et son thème "à la Rush", est beau à en frissonner ; alors que "Misunderstood" est une autre démonstration de la symbiose parfaite qui règne entre Mike Portnoy et ses compères du Théâtre du rêve. "Disappear" vient clore ce premier chapitre qui ne connaît aucun temps mort. Le second CD et son morceau de 43 minutes, divisé en huit "mouvements", présente une facette résolument plus progressive et mélancolique. Elle exige d'ailleurs une grande concentration, afin de pouvoir s'imprégner dès la première écoute des superbes arrangements plus grandioses les uns que les autres. A se repasser en boucle afin d'en comprendre l'essence. Dream Theater gagne le respect de l'ensemble du monde métal, avec talent, tout simplement.

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