Voici deux ans, ce trio mancunien nous livrait un premier album remarquable, " Lost souls ". Nous nous demandions donc, comment il allait pouvoir confirmer toutes ces excellentes dispositions. Pas de souci à se faire, " The last broadcast " est aussi remarquable. Mais il est très différent. Tout d'abord, la sensibilité mélodique est aussi fragile et contagieuse que chez le défunt Ride. Paradoxe, ce combo était également issu de Manchester. Même la conjugaison des harmonies vocales est aussi limpide que chez la bande à Mark Gardener et à Andy Bell. Et il arrive même aux guitares de scintiller, de pétiller, de s'agiter, avec une intensité blanche. A l'instar de "N.Y," ou de " Caught by the river ". Mais en général, ces cordes épousent un format semi-acoustique. Abordé très souvent dans l'esprit des Smiths (NDR : encore un combo issu de Manchester !). Une trame sur laquelle, Doves tisse ses mélodies tantôt tendres, tantôt extravagantes, tantôt allègres, tantôt somptueuses. La ballade bringuebalante " There goes so far " glisse ainsi progressivement dans la samba alors que " Satellites " agrège les arrangements orchestraux majestueux d'un Spiritualized et les chœurs gospel de Mercury Rev. Et on est pas au bout de nos surprises. D'abord à travers la cover pastorale du " Moonchild " de King Crimson, rebaptisée pour la circonstance " M62 song ". Une adaptation dont l'atmosphère est aussi désolée que chez Nick Drake. Un King Crimson qui hante également le baroque et futuriste " Friday's dust ". Celui de " In the Court Of The Crimson King ", pour être plus précis. Pas pour rien que les lyrics soient aussi impénétrables chez les Doves que chez Pete Sinfield. Comme son titre l'indique, " Pounding " martèle ses rythmes de drums métronomiques ; mais sur une chanson pop euphorisante. Enfin, tant le titre maître que " The sulphur man " réalisent la parfaite la fusion entre l'expression mélancolique d'un Mark Eitzel et l'élégance électro acoustique de Badly Drawn Boy. " The last broadcast " constituera plus que probablement un des " must " de l'année, mais il nécessite plusieurs écoutes avant de pouvoir véritablement être apprécié à sa juste valeur.

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