Le spectre de Ian Curtis plane tout au long de cet elpee, ou plus exactement celui de Joy Division. Ce qui revient au même puisque feu Curtis était le chanteur de cette formation mythique. Pourtant Desert Hearts ne nous vient pas de Manchester, mais de Belfast. Un trio qui peut compter sur deux vocalistes. Qui ne possèdent pas de voix exceptionnelles, mais dont les timbres languissants sont très complémentaires. " Let's get worse " est donc hanté par la cold wave. Et les drums lugubres, légèrement reverb ainsi que la basse entêtante, lourde, alimentent cette atmosphère claustrophobe. Mais cette cold wave est syncopée, découpée dans les riffs de guitare torturés, angulaires, fiévreux, parfois même velvetiens voire mybloodyvalentinesques. Et ce n'est pas la présence ponctuelle d'un piano ou d'un dobro qui y change quelque chose. Pourtant, lorsque la musique prend une forme plus lo fi, c'est plutôt aux Palace Brothers qu'on se met à penser. Pas tout à fait étonnant, lorsqu'on sait que Will Oldham est un type aussi marrant que ne l'était Curtis. En moins suicidaire, il est vrai. En fin de parcours, le groupe nous propose une dimension quelque peu différente de son horizon sonore. Plus prog. A l'instar de " No more art ". Toujours aussi ténébreux, mais davantage contemporain, proche de Placebo, chez " A new end ". Bref, si on ne rigole pas souvent, à l'écoute de cette œuvre, elle a le mérite de libérer une dose d'émotion et d'intensité suffisantes pour nous flanquer le spleen…

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