Voilà la révélation de l'année. Vincent Delerm nous balance 10 chansons, d'écriture et d'orchestration très classiques, mais qui sont autant d'étonnants exercices de style. Des exercices pratiquement toujours réussis avec la grande distinction, ça va de soi. Delerm possède un fameux réservoir d'idées saugrenues pour écrire un texte. Et le tour de force, c'est de tenir de telles idées sans essoufflement sur la longueur d'une chanson. La plus géniale, pour moi, est " La vipère du Gabon ", une irrésistible visite au zoo pendant laquelle une jeune fille annonce qu'elle attend des jumeaux. Mais il peut aussi raconter une rupture tout en lisant Cosmopolitan. Vincent Delerm, chéri des auditeurs de France Inter et des fans de Thomas Fersen (les deux catégories se recoupent sans doute), n'a pas son pareil pour décrire des personnages avec des références de la vie de tous les jours, aussi pertinentes que savoureuses. Ah, ces gens bien qui " regardent les soirées spéciales Joe Dassin en se disant, la vaisselle on la fera demain " (" Tes parents "). Delerm ne cache pas ses références culturelles : ce sera " Fanny Ardant et moi ", " Deauville sans Trintignant " et cet incroyable récit des pièces et des soirées les moins réussies du festival d'Avignon (" Le monologue shakespearien ").

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