Les Américains de The Drums sont tombés dans un piège auquel succombe, me semble-t-il, de plus en plus de formations : penser qu’il suffit de se retourner vers la musique du passé pour se construire un présent et un futur rayonnant. Mais le passé est fait pour rester où il est ! Cet album, éponyme du groupe, est à peu près aussi passionnant pour un amateur de musique qu’un discours de témoin de Jéhovah pour un athée. Mettons-nous dans la peau de ce dernier : ces chansons viennent frapper à votre porte, prendre du temps que vous auriez aimé accorder à quelque occupation plus intéressante et vous faire miroiter de belles promesses. Mais vous vous rendez vite compte qu’elles ne sont qu’illusoires. Tout commence à merveille et puis, plus vous avancez dans l’échange, plus vous êtes convaincus que votre interlocuteur a lui-même du mal à y croire. Il exerce juste un passe-temps. Il a besoin d’aller à la rencontre des gens, mais l’inverse n’est pas forcément vrai. Ou alors seulement pour une minorité. Mais l’athée lui s’ennuie profondément, écoute l’individu par politesse, tolérance et souci de culture générale ; mais il finit tout de même par claquer gentiment la porte.

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