Après sa pose ‘Psycho’ adoptée sur " Poison ", il y a deux ans, le Suédois arbore aujourd'hui une coupe de cheveux à la Ziggy Stardust (NDR : suffit de regarder la pochette !). De mannequin hitchcockien, le crooner venu du Nord s'est transformé en bête de foire électro-pop, le look androgyne comme nouvelle marque de fabrique. Finies les amourettes jazzy à la Chet Baker (" Whiskey ", 1996), l'easy listening à donner le bourdon (" Tattoo ", 98) et les ambiances mortuaires em" Poison "nées : Jay-Jay Johanson s'est mué en diva du dancing sous perfusion eighties, ressortant ses vieux Human League et Pet Shop Boys du placard pour emballer les ‘club babes’ de Scandinavie et d'ailleurs. " So Tell The Girls That I'm Back In Town ", chantait-il sur " Whiskey " : désormais Jay-Jay se la joue platform boots et beats au carré, avec cette touche de mélancolie qui l'a toujours caractérisé ; une manière de faire fondre les midinettes " girly ", amoureuses d'électro-disco et de (International DeeJays) gigolos. Jay-Jay, bourreau techno au cœur tendre ? " Déjà Vu " en boucle sur les platines, c'est l'été indien en pleine tempête de neige, le " Destinés " de Guy Marchand revu à la sauce 2002. Peut-être qu'enfin, Jay-Jay devrait passer à la radio (" On The Radio "), tant ses ritournelles emballées par les électroniciens de Funkstörung fondent sous la langue et procurent des chaleurs. Il est loin le temps où Johanson reprenait " Neon Lights " de Kraftwerk la mine décatie et les mains glacées : " Antenna " s'écoute bien au chaud, les paluches moites et baladeuses. Du hit " Automatic Lover " à la Moroder au björkien " Tomorrow " (très " Homogenic ", avec ses embellies de cordes et ses beats syncopés), " Antenna " se permet un sacré flash-back eighties sans pour autant sentir la vieille chaussette : un bon disque pour 2002, le meilleur de Jay-Jay depuis " Whiskey ".

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