Tel un fantôme, Neal Casal hante l’Americana intemporel. Faut dire que « Sweeten the Distance » constitue déjà le 10ème album solo du Yankee ; et on ne vous parle même pas de ses productions au sein de son groupe de soul-rock Hazy Malaze ou de ses apparitions chez les Cardinals chers à Ryan Adams ! Pour résumer, Neal Casal pourrait incarner une version plus simple et honnête du clinquant et ambitieux natif de Jacksonville. Sa musique inspirée des grands espaces américains ne rencontrera jamais davantage qu’un succès d’estime dans nos contrées (aucune tournée européenne n’est d’ailleurs prévue, pour l’instant), mais elle se laisse plaisamment écouter, comme on lirait un roman de Steinbeck, la tête égarée dans une histoire consacrée à la ruée vers l’Ouest, en suivant les méandres des pistes américaines poussiéreuses, aujourd’hui disparues. Douce, la voix du vétéran caresse les tympans. Et l’instrumentation (guitares, pianos, banjos, orgues…) est particulièrement soignée. Pas de coups d’éclats destinés à impressionner la galerie, mais une suite de ballades légèrement country, superbes et bien équilibrées, comme « The Gyrls of Wynter » ou « White Fence Round House », entrecoupée modestement de morceaux plus rock tels que « Time and Trouble » ou « So Many Enemies ».
Album après album, Neal Casal construit paisiblement une belle et riche carrière sur laquelle on prendra plaisir à revenir régulièrement.

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