Après avoir longtemps véhiculé l'image et même le symbole du slowcore, Low a opéré un virage à 180° lors de la sortie de " Things we lost in the fire ", en 2001. " Trust " confirme ce changement d'orientation sonore. Bien sûr, l'opus recèle encore quelques fragments empreints de nonchalance ténébreuse, presque sinistre. Et je pense tout particulièrement à " John Prine ", dont les sonorités glaciales et accusatrices, réverbèrent comme une cloche d'église, à travers un paysage d'hiver dénudé. Ou encore à " The lamb ", dont le cognement sourd des drums accompagne le chorus funéraire. Ce sont presque les exceptions qui confirment la règle. Car le reste de l'opus oscille entre périples atmosphérico-psychédéliques, fragments beaucoup plus allègres, presque folk, et plages chargées d'intensité électrique vivifiante, décapante. Ce sont d'ailleurs les plus belles. " (That's how you sing) Amazing Grace", tout d'abord. Une chanson bercée de guitares bringuebalantes, dans un style fort proche de Red House Painters. " Snowstorm ", ensuite. A cause de ce fil mélodique qui épouse le feedback ondoyant. Et enfin et puis surtout " Canada ". Trempée dans un psychédélisme délicieux, cette pop song au tempo enlevé libère un groove viscéral, presque contagieux, digne des Breeders. Les voix de Mimi Parker et d'Alan Sparhawk sont toujours aussi limpides, mais décalées, histoire de transcender chaque mélodie. A un tel point que parfois on à l'impression qu'elles frôlent le gospel. Enfin le superbe lyrisme offre des moments de beauté solennelle. Dommage cependant que l'album ne soit pas davantage sous tension électrique, cet opus aurait alors pu truster une place parmi les dix meilleurs albums de l'année. Ce n'est sans doute que partie remise…

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