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Wat went wrong ?

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Alias Skinny, Philippe Tasquin est un artiste dont le talent et l'éclectisme lui ont permis de travailler en compagnie d'une multitude de musiciens en Belgique. Aussi bien dans le domaine de la pop, du rock, de la musique alternative, contemporaine, symphonique et de la variété. Parmi les plus notoires, je citerai Pierre Vervloesem, Bernard Plouvier et Klaus Klang. Le rôle de directeur musical (pour le Théâtre National, par exemple) lui a même parfois été confié. A ma connaissance, je ne lui connaissais, que deux albums solos. Dont le deuxième " Stars & clowns " lui avait permis, entre parodie et romantisme, de mêler rock seventies et fantaisies pianistiques.

" Wat went wrong ? " constitue le premier elpee de son nouveau projet, My Skinny Wonderland. Un disque pour lequel, il a quand même reçu le concours de toute une série de collaborateurs, dont un certain Luc Tytgat, un ingénieur du son qui avait notamment travaillé pour Siglo XX, Neon Judgment, Kat Onoma, Asylum Party et Little Nemo, aux célèbre studios 'Pyramide'. Il est ici derrière les manettes sur la moitié de l'opus.

Mais venons en à ce " Wat went wrong ? ". Un disque très surprenant (NDR : mais est-ce une surprise ?), dont les compositions filmiques, capable de transcender les genres et les styles, nous entraînent au cœur d'un univers à la fois sombre et lyrique, riche et dense, ironique et angoissant. Des compositions dont les thèmes sont reflétés à travers un superbe booklet (NDR : signé Thierry Mondelaers). Des compositions alimentées par des arrangements de cordes et des chœurs somptueux, des guitares noisy, un piano jazzyfiant, cabaret ou tourmenté, des clavecins et des harmoniums, des cuivres débridés, etc., que souligne parfois le falsetto céleste de Philippe. Sans oublier les collages, les bruitages et les samples. Passé l'intro, on entre immédiatement dans le monde de l'étrange : fruit d'une rencontre hypothétique entre Ravel et Frédéric Rossif, " Quiet village ", hit obscur des 50's signé Les Baster, est ainsi remodelé en cocktail instrumental préparé à base de rumba et de music-hall. Tout un programme ! La prog y a également son mot à dire. A l'instar d’" Have finally found a job ", sorte de King Crimson 'hitchcockien'. De " Whodunit ", au cours duquel on imagine Miles Davies venir faire une jam avec Magma. Du redoutable " Blind alley ", hymne à la paranoïa. Et enfin du titre maître, thriller imaginaire hanté par un piano spectral et écartelé entre funk blanc et jazz moderne. Skinny aborde donc aussi le music hall. Américain. Celui de l'avant-guerre. Il se fait ainsi crooner classe sur " Town without pity ", en adressant un clin d'œil à Frank Sinatra. Cartoonesque tout au long du très 'old fashion' " The new liberace ", une plage parcourue par des chœurs doo wop. Fred Astaire aurait pu y danser des claquettes ! Et enfin sur le chant de Noël " The paramount ". Deux plages s'écartent ( ?!?!?) totalement de l'ensemble. Tout d'abord le sauvage, presque métallique (Primus ?) " Damned messiah ", et puis le très pop " Finally ", chanson qui aurait pu relever du répertoire d'un Perry Blake. L'élégance d'un John Barry, la folie de Mr Bungle et l'avant-gardisme de Tuxedo Moon n'ont jamais fait aussi bon ménage…

 

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