Franchement, après avoir écouté cet album pour la première fois, je suis resté sur le cul. Un disque à ne pas mettre entre les oreilles du premier venu, il faut l'avouer. Pourtant, si le mélomane est branché, il vous remerciera plus de cent fois. Mais s'il est largué, il risque fort de péter un plomb, voire le circuit. Je m'explique. Sur les dix fragments qui composent le premier opus de ce quatuor de Leeds, peu d'espace a été réservé à la récupération. Le flux sonore, dévastateur, tumultueux, viscéral est une constante. Rien de tel pour opérer un lavage complet (NDR : et efficace !) de votre matière grise. Mais quels sont les paramètres qui permettent un tel phénomène. Tout d'abord la voix de Robert Harvey. Et quelle voix ! Haut perchée, stridente, sauvage, elle met littéralement le feu à la musique. Un peu à la manière de Robert Plant, lorsqu'il sévissait chez Led Zeppelin.
Fondamentalement, The Music a d'ailleurs hérité de la passion volcanique et de la conviction électrique cultivée chez le célèbre dirigeable, qu'il manifeste à travers un mélange de heavy métal sulfureux et de blues fougueux. Enfin, à la base. Car ce cocktail explosif laisse la porte ouverte à bien d'autres courants musicaux. Le psychédélisme tout d'abord. Celui de The Verve (NDR : ses deux premiers elpees !) et des Spiritualized Electric Mainline. Le funk et la house ensuite. Héritée en ligne droite des Stone Roses. Le tout raffiné par un zeste de technologie moderne, histoire de ne pas oublier que nous vivons en 2002. Un assortiment tempétueux, tentaculaire, au cours duquel The Music libère ses passions, ses frustrations, ses colères, mais également laisse la place à ses espoirs. Un must ? C'est une certitude ! Mais un must au sein duquel une flopée de remixeurs pourrait facilement trouver matière à travailler. Espérons simplement qu'ils soient de la trempe d'Underworld ou de Prodigy.

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