Ce boucan d'enfer, c'est ‘le bruit que fait le bonheur quand il s'en va’. Il résonne dans la tête de Renaud depuis que Dominique, celle qui était déjà sa ‘gonzesse, celle que j'suis avec’ à l'époque, l'a quitté. Il étale son chagrin tout au long de l'album. Lucide, Renaud ne rejette pas la faute sur son ex, mais bien sur lui-même et ses turpides, décrites avec humour dans " Docteur Renaud et Mister Renard ". Tout amateur de chanson se réjouit de voir Renaud revenir à l'écriture. Le talent est intact, la voix toujours aussi limite et touchante. Mais l'insistance à se pencher sur son nombril tout triste est lassante. Je comprends le besoin d'expression mais je préfère de loin Renaud quand il s'éloigne de ses problèmes personnels pour décliner, avec l'aide magnifique d'Axelle Red, cette belle idée des enfants de Manhattan et de Kaboul, " pulvérisés sur le thème de la violence éternelle " ; pour ironiser sur BHL ? ce ‘philosophe des beaux quartiers qui refait le monde devant une coupe millésimée’ ? et applaudir l'entarteur qui ‘nous a bien vengé de ce Jean-Paul Sartre dévalué’ ; pour défendre les amateurs de nains de jardin, face à ceux qui, pour rire et soi-disant pour les libérer, volent l'unique richesse de ces gens simples.

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