Sioen est un jeune auteur/compositeur/interprète gantois. Il joue du piano. Avec virtuosité. Pas étonnant lorsqu'on sait, qu'au cours de sa tendre enfance, il a fréquenté le conservatoire. Il chante également. Dans la langue de Shakespeare. D'un timbre légèrement rocailleux, proche de la dEUS connection (pensez à Stef Kamil Carlens, Rudy Trouvé et bien sûr Tom Barman). Et ce bagage, ma foi semi classique, semi baroque, il le met au service de la chanson pop. Des chansons pop dont les très belles mélodies sont empreintes de douce mélancolie. Avant d'enregistrer ce premier opus, Sioen a été plusieurs fois lauréat de concours organisés dans le nord du pays ('Debuut rock', 'Oost Vlaams rock circuit', etc.). Ce qui lui permet aujourd'hui d'y jouir d'une popularité certaine. Ses émotions ? Il les communique à travers les accords de son piano. Tantôt syncopés, profonds, plaqués, graciles, mais toujours sonores, ils affrontent constamment des changements de rythmes. A un tel point que lorsque les inflexions vocales épousent ceux de son instrument, il me rappelle Peter Hammill. Plus prog encore, son aisance à aligner les notes était le signe distinctif d'un certain Keith Emerson, lorsqu'il sévissait encore chez Nice. Si, si, souvenez vous de la cover du " Hang on to a dream " de Tim Hardin, que le groupe était parvenue à magnifier. Le seul reproche qu'on pourrait adresser à Sioen, c'est que limitées à son instrument et à sa voix, les chansons finissent par se complaire dans l'austérité. Et je suis convaincu qu'entouré d'un véritable groupe ou d'un quatuor à cordes, Sioen pourrait faire un malheur ! Et ce serait pour son bonheur. Une chose est sûre, il est à suivre, de très près…

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