Découpé en huit mouvements, le nouvel album de Sigur Rós ressemble fort à une sorte de concept album. Une invitation au rêve, à un voyage autant spirituel que musical, qui s'étale sur 72 minutes. Un périple qui s'ouvre par quelques compositions lentes, contemplatives, nappées de tas de claviers qui ondoient, de cordes qui s'étendent à l'infini et de voix éthérées et envoûtantes, avant de monter progressivement en puissance, pour atteindre en final le sublime, la grâce, en développant un son énorme au cours duquel les percussions cognent, s'emballent… Tout au long de cette œuvre, le falsetto du chanteur, Jon Por Birgisson, gémit dans un langage imaginaire, qu'il a créé à cet effet : le 'hopelandic'. On n'est ici plus très loin d'un prog rock que le Pink Floyd aurait pu créer, s'il était parvenu à évoluer avec son temps. Et le mot prog n'est certainement pas usurpé, lorsqu'on sait que Sigur Rós n'est pas le premier groupe à avoir utilisé un langage personnel. Bien avant lui, Magma avait imaginé le kobaïen ! Un disque qui n'a pas été enregistré à Pompéi, mais dans une ancienne piscine, aménagée en studio ultrasophistiqué. Une œuvre à écouter dan son salon, assis dans un sofa moelleux, le casque sur les oreilles…

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