Trop rapidement collée à Trans Am dans le milieu des 90', l'étiquette ‘post rock’ n'a jamais été justifiée. Actif depuis maintenant près de 10 ans, le trio rock-électronique marque encore aujourd'hui le pas, en creusant davantage le fossé qui le sépare de ses petits compagnons de label (Tortoise pour ne citer qu'eux). Ce qui saute tout d'abord aux oreilles, c'est le vocal. En effet, Trans Am a abandonné l'instrumental pur, pour laisser une place au chant. Excepté quelques rares incursions dans le passé, électroniques pour la plupart, la prépondérance d'un chant organique devient ici frappante, essentielle. Le groupe a clairement modifié sa manière de composer. Et pour quels registres ? Et bien, à l'image de la musique, un peu dans tous les sens. Et passé l'étonnement de la première écoute, on découvre une certaine cohérence et, avouons le, éprouvons un certain bonheur. La voix est robotique (quand même), soul, à la limite pop, mais sans jamais renier les origines qui baignent au cœur d'un certain esprit punk biberonné à la new wave. Sans oublier cette ironie et ce second degré si particulier. En nous fourguant certainement un de ses albums les plus risqués, Trans Am devrait donc logiquement réussir à se séparer définitivement du mouvement cité en première ligne : celui où les fans pourraient crier ‘vendus’. Glorieux et kitsch !

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