En concoctant un tel album, Alex Gopher s'est posé un défi de taille : sauver la scène électro française de la panade disco. Alors que Modjo et Bob Sinclar recyclent tant bien que mal les mélodies " en C mineur " de l'ami Cerrone, d'autres cosaques du poumtchak se font la belle, préférant respirer les vapeurs technoïdes de Détroit et le parfum soul de Philadelphie que les mauvaises odeurs du marketing à la Vivendi. Fini la french touch estampillée Amélie Poulain (" Visitez Paris, son quartier Montmartre, ses clubs dédiés à la house filtrée "), Gopher et son partenaire Jeremie Mondon (alias Demon) nous ont concocté un petit bijou de house maligne et chaleureuse, sans concession mais pas sans charme. On est loin ici d'une électro pseudo-branchée calibrée pour les hit-parades et le rayon hi-fi des supermarchés : Wuz, c'est de la house racée, pas surgelée ; une potion magique pleine de bleeps chipés aux plus grands (Derrick May, Luke Slater), et sans les gimmicks house faciles qui donnent la nausée. D'ailleurs, l'album sent plus l'encens d'appartement que la sueur des dancefloors : à part trois titres uptempo (dont le tubesque " Without You "), l'album se prête plus au cocooning qu'au Djing… Les deux meilleurs morceaux, " Use Me " (tubesque) et l'entêtant " The Shell ", devraient pourtant se tailler une sacrée réputation en club, de Bruxelles à Chicago. Gopher et Demon, nouveaux chamans de la scène française ? Suite à la déconfiture manga-régressive de Daft Punk, on est prêt à le parier... En tout cas, la classe !

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