Pour le label Vampisoul surprendre est devenu une tradition et même un véritable sacerdoce ! La maison espagnole à cette fois décidé de s’attaquer, à travers la compilation « Rangarang », à la musique iranienne prérévolutionnaire ! Rien que ça… Difficile d’imaginer l’actuelle république islamique comme un havre de paix pop ; et pourtant, c’était bien le cas au cours des années 60 et 70, soit au cours du règne du Shah d’Iran ; et ce avant que cette scène ne soit réprimée, lors de la révolution islamique de 1979. Le régime va alors décréter la fermeture des labels, la destruction des vinyles, l’arrêt définitif de la carrière des artistes et même l’islamisation des radios.
« Rangarang » réunit la quintessence de cette époque dorée (Googoosh, Leila Forouhar, Neli, Dariush, Pooran, Shohreh, Giti, …) également réceptive au funk (Mehrpouya), disco (Hamid Shabkhiz), jazz (Aref) ou même au psychédélisme (Kouroush Yaghmaei), dans un mix surprenant entre sonorités perses et pop seventies. Le destin de ces artistes, décrit dans les abondantes notes du livret, est en outre réellement passionnant malgré la fin tragique vécue par la plupart d’entre eux.
Apparemment l’Iran serait sur le point de mettre sur pied une bombe nucléaire. Je conseille dans un premier temps à l’Agence Nucléaire Internationale de se pencher sur le contenu hautement radioactif de « Rangarang » !
Tarantino ne devrait pas être insensible à ce recueil, car plusieurs morceaux seraient très susceptibles d’illustrer ses films (Mehrpouya)…

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