Passé le premier fragment, "Open" s'ouvre (!?!?!) littéralement à de nouvelles perspectives sonores. En fait, cette composition, dont les sonorités éthérées sont hantées par le timbre vocal cristallin et plaintif de Margo Timmins, renouent avec la fragilité intimiste des compositions du deuxième opus, " The Trinity session ". Dès " Dragging hooks ", Cowboy Junkies nous entraîne dans un univers totalement différent. Enfin, il nous plonge alternativement au sein de deux univers. Tout d'abord pop. Dans l'esprit de Texas. Mais le Texas de " Mother's heaven ", c'est à dire son meilleur opus. Le ton y est même allègre, et les mélodies presque contagieuses. Ensuite, et le trio canadien y est vraiment comme un poisson dans l'eau, le psychédélisme. Pas un psychédélisme narcoleptique, auquel il nous avait habitué, mais un psychédélisme atmosphérique, légèrement bluesy, à forte coloration ‘west coast’. Pensez à Jefferson Airplane et à Grateful Dead. Pas pour rien qu'en 1991, les Junkies avaient rendu un hommage à la bande du défunt Jerry Garcia, sur " Deadicated ". Et ces quelques titres (NDR : les plus longs !) rougeoient, scintillent, consument leur intensité au contact du feedback des cordes de guitares, pendant que les drums et la basse font des queues d'aronde et que les claviers se liquéfient. Parfois un harmonica traverse l'espace sonore, histoire de préserver le climat ténébreux des compositions. Car la voix de Margo est beaucoup plus claire et affirmée, nonobstant les lyrics toujours aussi lugubres, désespérés et torturés. Une excellente surprise !

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