Remis en selle par Daniel Lanois, à travers les albums "Oh mercy" en 89, et "Time out of mind" en 1997, Bob Dylan pète la forme. Non content d'être reparti en tournée, il en a profité pour enregistrer un nouvel album. Flanqué des musiciens qui l'accompagnent tout au long de ce périple. En l'occurrence les guitaristes Larry Campbell et Charlie Sexton, le bassiste Tony Garnier et le drummer David Kemper, équipe que l'organiste de Sir Douglas Quintet, Augie Meyers, est venu rejoindre en studio. En outre, le Zim produit également ce " Love and theft ".
Soyons honnête, ce nouvel opus n'a ni l'intensité, ni l'intemporalité des deux œuvres produites par Lanois. Cinq titres sur les douze de ce disque paressent même dans une sorte de jazz/music hall désuètement nightclubbien et font un peu tâche d'huile dans l'ensemble. Mais le reste tient la route. " Mississipi " est une composition de Sherryl Crow. Une ballade que Bob reprend majestueusement. Autre ballade, mais plus intimiste, " Sugar baby " est étoilé d'accords de guitare légèrement reverb. Robert tâte du rockabilly, avec talent. A l'instar de " Tweedle dee & tweedle dum " et de " Summer days ". Il n'a pas non plus oublié ses racines country folk et nous le rappelle à travers " High water ", un fragment tellement dépouillé et sale, qu'il en devient poignant. Mais Dylan se révèle le plus efficace dans l'exercice du blues rock ou du rock blues, si vous préférez. Impossible de ne pas bouger les doigts de pied sur les irrésistibles " Lonesome day blues " et " Honest with me ", ce dernier enrichi d'une slide. On sent même l'ombre du Fabulous Thunderbirds qui plane sur ces deux compositions. Quant à " Cry a white ", plus classique dans son approche de ce style musical, il mêle avec beaucoup de feeling cordes de guitare acoustiques et électriques. A se demander si Robert Zimmerman n'aurait pas intérêt à sortir, tout simplement, un album de blues. Mais là, je cèderais volontiers la plume à Jean-Claude, notre spécialiste en la matière…

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