Flower Kings enregistre un album par an. A cet égard, on peut saluer la régularité quasi-métronomique avec laquelle le groupe nous propose ses réalisations studio. D'autant plus que lorsqu'ils ne sont pas doubles, leurs disques sont toujours généreux (celui-ci flirte avec les 77 minutes !). Ceci dit, leur elpee précédent avait de quoi inquiéter un peu. Bien loin d'être mauvais, il sentait juste le réchauffé. Doit-on à nouveau déplorer quelque grisaille ? Que nenni ! Ce 'faiseur de pluie' annonce plutôt le beau temps. Il nous révèle un groupe en pleine forme et fidèle à lui-même, tout en proposant des éclairs de génie aussi originaux qu'une canicule suédoise !
Tenter de décrire dans le détail un CD de Flower Kings en moins de 10 pages est illusoire. Sachez simplement qu'il n 'y a absolument rien à jeter. Après un court chant ethnique, un riff très métal et un peu lourdingue ainsi qu'une section chantée très flower-power, on sait où on a mis les pieds. Reste à se laisser balader de plage en plage en vrais gourmets. Au menu : cavalcade de breaks improbables, digressions jazzy ou autres, reprises héroïques, morceaux de bravoure, parenthèses intimistes, ballades acoustiques, finales romantiques, riffs carrés, sonorités originales et petites mélodies obsédantes. Bref : la spécialité des chefs ! Derrière les fourneaux, tout le monde est irréprochable. Les superbes voix de Roine et de Hans font à peu près jeu égal et leurs duos et dialogues sont toujours aussi irrésistibles. Les claviers sont omniprésents sans jamais tirer la couverture à eux. Un fameux atout, ce Thomas Bodin ! La guitare, bien que très variée, se fait plus volontiers métal et renonce ici à quelques tics. Le batteur est précis et pêchu. Et le bassiste Jonas Reingold affirme sa présence. Il est d'ailleurs un des arguments du renouvellement chez Flower Kings, tant son jeu riche et séduisant, volontiers jazz-rock (il évoque parfois carrément Stanley Clarke) envahit l'espace sonore.
Rayon bonnes surprises, signalons encore la plage titulaire, un instrumental en crescendo façon Ravel, avec une finale très atmosphérique. Et aussi 'Elaine', d'abord acoustique, introduisant ensuite basse et clarinette : un mariage réussi que l'on n'avait plus entendu depuis les premiers albums de … Sting. En guise de synthèse : un album riche et dense, passionné et passionnant, méritant le même accueil qu'un faiseur de pluie au Sahara. Longue vie aux Rois des fleurs !

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