Composé de Trevor Dunn à la basse (Mr Bungle, Zorn), Dave Lombardo (Slayer) aux fûts, King Buzzo (Melvins) à la gratte mais surtout de Mike Patton au chant (pour rappel Faith No More et pléthore d'autre formation), Fantômas est assurément un "super groupe". Première signature du label Ipecac, cette formation ne souffre d'aucune comparaison. Ce qui coule de source. Pensez donc, son premier méfait ("Ameneza al mundo") pétait la baraque. Sorti en 1999, il agrégeait métal, ambiances de cinéma, mais aussi logorrhées si chères à Patton. Pas de textes, juste des cris et des borborygmes immergés au sein d'une ambiance glauque, maléfique et malsaine. Déjà à l'époque de FNM, Patton se lâchait épisodiquement; mais montrait également toute l'étendue de son registre vocal sur les sorties Tzadik dans des albums solos complètement barrés. Et voilà donc que Fantômas débarque. Et là mes aïeux, la claque… 30 plages’ pour 42 minutes. Pas le temps de traîner. Les idées fusent. Les breaks s'enchaînent. Bref du travail millimétré, absolument maîtrisé de bout en bout. Les non habitués au genre vous diront que c'est n'importe quoi, que ça ne ressemble à rien. Et vous savez quoi ? Que ces gens se rendent à un concert de Fantômas et ils reverront leur jugement...
Bref, bref, voici donc le deuxième effort de mes chouchous, mais ça vous l'avez certainement déjà compris. Quid de ce "Director's cut" ? Le principe : reprendre les thèmes principaux de films à la sauce Fantômas. Lesquels ? Le Parrain, Twin Peaks, Henry, La Malédiction, Rosemary's Baby, Cape Fear, etc. Au total 16 titres de compositeurs qui ont marqué les musiques de films depuis quelques années (Morricone, Mancini, Schumann, Lubin, Sasse,…). Alors ? Première constatation : le groupe n'est pas déplacé dans cet exercice; les choix sont judicieux, les ambiances dégagées sont fortes. Deuxièmement : le son est légèrement modifié, plus particulièrement pour la batterie, moins sèche que par le passé. Mais ce n'est pas fondamentalement gênant, l'ensemble gardant sa cohésion, sa force d'impact. Troisièmement, mais là se situe le plus gros reproche : cette plaque n'est pas de Fantômas… mais de Mister Bungle, l'autre jouet de Patton. Ils se sont trompés à l'impression du layer ! Ou alors à la traduction… Bin oui, quoique l'esprit Fantômas soit présent, le plus souvent il ne transparaît qu'en en filigrane. Évidement le ton est plus dur que chez Bungle et le fait que Patton chante au lieu de hurler y est pour beaucoup dans les similitudes. Donc, pas de stress, ce disque est absolument génial, indispensable, mais il y a petite tromperie sur la ‘marchandise’…

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