Depuis le temps que le deuxième album était attendu (NDR: "Showbizz remonte quand même à plus de deux ans !), je commençais tout doucement à désespérer. Mais l'attente n'aura pas été vaine, puisque, dans son style, cet " Origin of symmetry " est tout bonnement remarquable. Dans son style, je le répète, car après avoir écouté cet opus, plus personne ne pourra clamer ou écrire que Muse n'est qu'un calque de Radiohead victime d'un complexe de Queen. En fait cette nouvelle œuvre est beaucoup plus âpre, sauvage, volcanique et surtout moins accessible que la précédente. Plusieurs écoutes sont d'ailleurs indispensables avant de pouvoir s'imprégner de cette électricité blanche qui parcourt les onze titres de ce disque. Et le falsetto dramatique, opératique de Matt n'a jamais été aussi proche de celui de Jeff Buckley. Autrement dit, il dégage une force émotionnelle hors du commun.
Vous avez certainement déjà eu l'occasion d'entendre ou d'écouter " Newborn " ou " Plug in baby " sur l'une ou l'autre station radiophonique. Ce sont les deux fragments les plus contagieux. Hormis quelques filets de clavier voire de synthés, les accords de piano très caractéristiques (NDR : à résonance symphonique, il est bon de le rappeler), le paso doble énigmatique " Screenager ", le nightclubbien " Feelin good " et l'atmosphérique, nappé de claviers fluides, " Megalomania ", la solution sonore trempe dans le rock sordide, gothique, rageur, vivifiant, qui doit plus au métal de Smashing Pumpkins ou au funk blanc de Gang Of Four qu'à la pop aseptisée de U2 auquel les médias les avaient un peu trop hâtivement comparés. Si " Origin of symmetry " devrait figurer parmi les ‘must’ de l'année 2001, son succès commercial me semble cependant fort compromis. M'enfin, tout le monde peut se tromper…

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