Fondé en 1997, Noahjohn se résumait (!) à un collectif d'une bonne vingtaine de musiciens gravitant autour de Carl Johns. Et c'est sous cette forme que la formation avait gravé un premier album intitulé " Tadpole ". Depuis, Carl a stabilisé son line up, qui compte aujourd'hui cinq musiciens. Si Noahjohn se révèle basiquement country folk, il a le bon goût de ne pas se limiter à cette forme traditionnelle. C'est d'ailleurs lorsqu'il en écarte qu'il est vraiment le plus intéressant. Hybride de Sonic Youth, de Violent Femmes et du Velvet Underground qui serait infesté de bluegrass, de punk, de rock et de psychédélisme, il entre alors dans le monde de la musique alternative. Et pendant que le violon fulgurant, hantant, rivalise avec les cordes de guitare torturées, écorchées ou que la steel guitar pousse des gémissements sinistres sur fond de clavier gothique, le vocal de Carl, dont le timbre semble coincé entre celui de Shane Mc Gowan (Pogues) et celui de John McCrea (Cake), épanche ses prophéties surréalistes, bibliques, qui doivent autant au spirituel qu'au sacrilège, lorsqu'elles ne sondent pas, d'un œil virulent, le bas ventre de l'Amérique rurale. Dommage d'ailleurs que toute l'œuvre ne soit pas de cette trempe, sans quoi elle aurait pu figurer parmi les meilleures de l'année…

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