Nonobstant ses 58 balais, Yoko Ono continue de militer pour la condition féminine. Et cet engagement s'est toujours traduit à travers son art. Un art qu'elle a toujours voulu avant-gardiste Que ce soit la photo, la peinture, la gravure, le dessin, la poésie et bien sur la musique. Un engagement qui transparaît, bien évidemment, à travers les lyrics de ces chansons. Et c'est encore le cas sur " Blueprint for a sunrise ". Elle y a bien fait quelques concessions à la pop, mais uniquement sur le plan mélodique. Et encore, pas sur toutes les compositions. Spoken word, expérimentations et improvisations (dont un " Mulberry " immortalisé live au Tramp de New York City le 3 avril 1997) fleurissent au milieu de chansons à la fois exquises et fouillées. Telles que " It's time for action ! ", sorte de fragment à la fois découpé dans l'avant funk, peuplé de chants interprétés en langues différentes et balisé par un groove contagieux. Le syncopé, nappé de claviers manzarekiens " Wouldnit 'swing' ". " Is this what we do " également. Un titre dont le picking de guitare hispanique est brodé sur des motifs de guitare électrique particulièrement décapants. Et puis, l'étonnante finale " Are you looking for me ". Entamée sur un tempo aride, capricieux, digne de PJ Harvey, elle s'évapore dans une nature où la quiétude n'est troublée que par le chant des oiseaux. On se croirait revenu à l'époque de " More " du Floyd ! Pour enregistrer cet opus, Yoko a reçu le concours de toute une volée de collaborateurs, dont son fils Sean ; et puis de Rob Stevens à la production. Une œuvre assez surprenante, un instant délicate et veloutée, le suivant félin et frénétique. Faut dire que la voix très caractéristique de Yoko y est aussi pour quelque chose…

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