Le monde de Sparklehorse est hanté par l'imagination de Mark Linkous; et nous sommes les spectateurs privilégiés du microcosme de ce génie désespéré. A travers ses chansons fragiles, énigmatiques, baroques, il combine perspicacité lyrique et imagerie gothique typiquement américaine. Des chansons qu'il interprète de sa voix chuchotée, gémissante, parfois triturée mais tellement triste qu'elle ne peut trahir chez son interprète qu'un sentiment d'auto pitié. " It's a wonderful life " constitue son troisième opus. Un disque qui a reçu le concours de John Parrish et surtout de Dave Fridmann à la co-production. Et le talent de Dave, exercé habituellement chez Mercury Rev, est immédiatement perceptible. A l'instar du superbe " Gold day ", profilé sur un orgue à la respiration sifflante ou du luxuriant et électrique " King of nails ". Si Mark joue d'une panoplie d'instruments assez ahurissante ; depuis la guitare aux boîtes à rythmes, en passant par le Wurlitzer, le mellotron, le casio, l'optigan, les sampler, le chamberlin, le piano et autres objets insolites, il a quand même bénéficié de la participation de toute une armada de collaborateurs. Parmi les plus huppés, on y retrouve PJ Harvey ( " Piano fire " et " Eyepennies " ), la vocaliste des Cardigans, Nina Persson, sur le seul morceau véritablement sinistre de l'elpee, " Apple bed ", Tom Waits au chant pour un " Dog door " écorché par le psychédélisme de Kevin Ayers; et puis la fidèle équipe qui l'avait aidé pour enregistrer " Good morning spider ". En l'occurrence la violoncelliste Jane Scarpatoni, la violoniste Joan Wasser et la choriste Sophie Michelitsianos. L'elpee recèle bien évidemment quelques ballades plus intimistes, minimalistes, dont la mélancolie teintée d'amertume et de douceur évoque tantôt Lambchop, tantôt Palace Brothers. Un bien bel album !

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