Outre son projet personnel, pour lequel elle se réserve le chant, Simi Nah rejoint circonstanciellement Praga Kahn, pour se consacrer à la basse. Française, elle joue également de toute une série d’instruments. Pour enregistrer son nouvel opus en solitaire, elle a reçu le concours du coproducteur, Kenny Blomme.
La solution sonore continue de creuser dans la ‘french touch’, une forme électro très appréciée outre-Atlantique, il faut le rappeler. Le mixing est excellent. Et les mélodies inspirées. Mais la demoiselle adore les ambiances gothiques (NDR : son style vestimentaire en est également une illustration). Ce qui apporte davantage de caractère aux compos. Bien vu ! En outre, la Niçoise possède une jolie voix, ce qui n’est pas négligeable.
"Coco chaRnel" ouvre l’elpee. Un titre sympathique, même si les lyrics me semblent un peu limite. "R & B : Rubis et Bikini" est la pépite de cet opus : rythmes endiablés, interventions électro judicieuses et énergiques. Un tube en puissance que l’on écoutera en boucle. Une chanson qui déchire, rappelant étonnamment « Ca m’énerve » d’Helmut Fritz, au niveau des arrangements comme dans la frivolité des paroles. L’humour en moins toutefois.
Retour à la quiétude sur le titre maître et "Cabaret", deux plages plus ‘chantantes’. Trop fade, "Bride in Black" est totalement dispensable. "100 visages" réverbère des échos empruntés à Mylène Farmer. Pour la voix, bien sûr ! Mais au fil du disque, les bonnes compos se font de plus en plus rares, même si "Requiem pour un chiffon" tient bien la route. En fait, et c’est là que réside l’essentiel du problème, les textes des chansons rivalisent de banalités. Ils parlent de strass, de paillettes et de mode. De futilités, si vous préférez. Et même dans l’univers de l’électro, la qualité des lyrics a son importance, quoiqu’on en pense. Surtout dans la langue de Molière. Paradoxalement, "Die for Fashion" passe mieux la rampe. Les paroles sont en anglais. On y prête donc fatalement moins attention. Et à partir de "La machine", le syndrome refait son apparition. Un syndrome accentué par une perte progressive de peps, d’énergie. Comme si l’artiste était soudainement tombé en panne d’inspiration.
Bref, même s’il faut tirer un bilan en demi-teinte, rien que la présence de "R & B : Rubis et Bikini" est de nature à sauver un album qui aurait peut-être gagné à être plus court. En éliminant les titres sans grand intérêt, par exemple. Et puis surtout, il aurait certainement rencontré davantage mes faveurs, si les textes avaient été davantage soignés. A l’avenir, faudra peut-être qu’elle pense à engager un parolier…

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