Vu l’affreuse illustration proposée en cover (NDR : probablement inspirée par ‘Le Seigneur des Anneaux’), on aurait pu imaginer devoir se farcir une musique ésotérique et pompeuse. Mais si ténèbres il y a, c’est plutôt du côté de Black Heart Procession qu’il faut lorgner. Pas étonnant, lorsqu’on sait que l’elpee a été produit par son chanteur, le Californien Pall Jenkins.
« Le Déserteur » constitue le troisième opus de Grimoon, un trio italien impliquant également Solenn Le Marchand et d’Alberto Stevanato. Encore que Solemn soit française. Elle se charge des vocaux. Dans la langue de Voltaire. Ce qui crée une distorsion entre le mode d’expression du chant et la musique. Indolente, sombre, mélancolique, elle se veut pourtant sans frontières. Empreinte de lyrisme, caractérisée par son instrumentation riche (violons, clarinettes, saxo, accordéon, trompettes, piano et guitares torturées), elle évoque très souvent Arcade Fire.
Mais, venons-en aux textes qui abordent des sujets aussi divers que les conflits mondiaux (le magnifique « Monument aux Déserteurs » et le crépusculaire « Tango de Guerre), l’art (« Les Couleurs de la Vie ») et même le GPS (le moins réussi « Directions »).
Et finalement ce cocktail paradoxal ne manque pas d’allure. Il y a bien quelques moments plus faibles, mais en général, leurs longues litanies cinématographiques (NDR : un Dvd réalisé par Solemn, intitulé « Cinematic Pop », est joint au cd audio) et fantastiques finissent par flatter l’oreille, grâce à leur étrange subtilité. Inégal, puissant mais surtout original !

Nederlands
Français 
