Au cours des années 70, les films Blaxploitation ont accumulé des kilomètres de pellicule dont les scénarii écrits par des auteurs noirs, s'adressaient exclusivement aux noirs des Etats-Unis d'Amérique. Un fameux dilemme, lorsqu'on sait que ces projections étaient distribuées par des blancs. Ces œuvres ont retrouvé leur statut de film culte et attiré un nouveau public grâce aux films de Tarantino, hautement redevables des atmosphères si particulières de Superfly et pas mal d'autres avatars moins brillants. Si les images et le propos politique ont mal vieilli aujourd'hui, côté bande son on ressent encore une énergie inégalée, mélangeant déhanchement black et section cordes blanches. Isaac Hayes fut sans conteste le porte-parole absolu en matière de musique de cette génération aux cheveux afro, aux fantasmes de guns torrides et de débauches salaces, de coups tordus et de poursuites en BM dans les rues de San Francisco.
Charming Boys, comme pas mal de rappeurs ou autres musiciens à la couleur de peau foncée, s'inspire largement du Maître tout au long de cette B. O. imaginaire plutôt bien chaloupée, aux riffs de guitare wah wah très nerveux, aux orchestrations symphoniques caractérisées par leur démesure hollywoodienne, faisant même parfois songer à l'agent 007 nommé James Bond, voire à d'autres adeptes des plaisirs charnels. On passe un agréable moment en compagnie de femmes fortes, avant de repartir sur le chemin du destin, une mitraillette et une valise remplie de coupures dans les mains. Les auteurs poussent le vice en introduisant leurs morceaux par de courtes historiettes nous plongeant dans l'ambiance polar mid seventies. Ils mâtinent toutes ces expériences de rythmes hip hop, trip hop ou house copieux déjà en activité chez Proppellerheads, responsable il y a quelques années maintenant d'un album à la blackattitude sauvage intitulé " Decksandrumsandrockandroll ". Aussi, à défaut de surpasser le Génie Isaac, The Charming Boys font preuve d'un immense talent et redonnent des couleurs contemporaines à des scories sentant bon la pellicule jaunie. Un pari parfaitement réussi pour, au-delà du vibrant hommage respectueux, se la couler douce à Paname ou ailleurs.

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