Bruce Springsteen serait en colère. Enfin, c’est ce qui transparaît dans les lyrics des chansons de son nouvel opus. Il rejoint en quelque sorte les rangs des indignés aux States, qui en ont marre des spéculations financières, des institutions bancaires qui jouent aux apprentis-sorciers, etc. Bref, de cette dérive du néo-libéralisme. Ce sont d’ailleurs les thèmes qu’on retrouve dans les textes de ses chansons. Très bien ! Mais, Bruce ne nous apprend rien de bien neuf. Il enfonce, en quelque sorte, des portes ouvertes. M’enfin, il est populaire, et si son message peut avoir un quelconque impact sur les décideurs à travers le monde, alors on pourra le remercier. Mais honnêtement, j’en doute…
Venons-en maintenant à l’aspect musical de son 17ème album studio. Lors des sessions d’enregistrement, outre son E-Street Band, il s’est entouré d’une armée de collaborateurs. Sur trois compos, on retrouve même feu son ami saxophoniste Clarence Clemons, membre de son groupe, décédé l’an dernier. La plupart des plages de ce « Wrecking Ball », sont inondées d’arrangements. Luxuriants, ils asphyxient littéralement les mélodies. On a même droit à des chœurs gospel. Les hymnes ‘springsteeniens’ sont plutôt rares, et lorsqu’ils émergent, c’est sans grande conviction. Finalement, c’est quand le boss en revient à plus de simplicité qu’il retrouve des couleurs. Sur son rock plus carré, « We take of our own » qui ouvre la plaque, tout d’abord. Mais surtout lors de ses compos qui trempent dans le country/folk. Tout d’abord, « Easy money », un morceau digne des Pogues et puis « Death to my hometown ». Caractérisé par ses interventions de flûte celtique (penny whistle), il aurait pu figurer au répertoire des Dropkick Murphys. Et puis en fin de parcours, l’excellent « We are alive », une plage allègre, balisée par un banjo et hantée par le spectre de Johnny Cash. On épinglera encore une piste qui sort du lot par son originalité, « Rocky ground », une ballade mid tempo, légèrement soul, au milieu de laquelle un intermède de rap a été judicieusement glissé, un peu dans l’esprit de Beck. Dommage que tout l’album ne soit pas de cette trempe. Une petite déception…

Nederlands
Français 
