Certains albums se rappellent à vous, subtilement, longtemps après s’être fait oublier.
Ne laissant guère de trace dans votre esprit à la première écoute furtive, trop polis pour s’ingénier à forcer la porte de votre souvenir.
Et puis un jour, sans vous avertir, ils viennent simplement vous rappeler quelle erreur vous avez commise de ne pas leur avoir prêté meilleure intention.
Ainsi, en va-t-il, en ce qui me concerne, de « Overlook », dont le titre me paraît du coup ironique.
Longtemps moitié de Azur Ray, avant de s’émanciper, Maria Taylor signait l’an dernier un album d’une beauté troublante, qui mérite une attention toute particulière et surtout mon humble repentir pour l’avoir oublié au détour d’une étagère.
Des textes trahissant les balbutiements d’une fleur se découvrant au monde et des arrangements subtils mais rehaussant brillamment les accords en apesanteur de la belle, des variations heureuses sur un mode légèrement mélancolique (la touche manouche de « Bad Idea »), de l’émotion sans fard et sans pathos.
Certains événements n’arrivent que sur le tard, mais fort à propos. Comme ce disque à mes oreilles.

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