Nonobstant une image tranquille et confortable, Grandaddy adore poser un regard critique sur l'évolution de notre monde contemporain. Tout au long de cet opus, il met ainsi en garde ceux qui accordent une confiance aveugle à la machine. Parce qu'à leurs yeux, ce qui est indispensable aujourd'hui ne le sera peut-être plus nécessairement demain. La machine doit rester au service de l'homme et non pas l'inverse. Une thématique balancée à travers un écran de computer, vision d'un endroit où les rêves du siècle dernier sont venus mourir.
Riche en métaphores, "The sophtware slump" épanche dix titres dont les mélodies fragiles glissent sur des brises digitales malicieuses. Dix chansons dont la richesse des arrangements et la sophistication des orchestrations nous rappellent, quelque part, Electric Light Orchestra et même Robert Wyatt. D'une surf countryfiée, contaminée par les Pixies, Weezer, Cake et Pavement, Grandaddy est passé à une musique toute en atmosphère, dont la fragilité extrême est destinée à véhiculer des émotions. Des émotions intensifiées par la voix de Jason Lytle dont le timbre douloureux, gémissant, navigue à la croisée des chemins de Neil Young, de Wayne Coyne (Flaming Lips) et de Tim Wheeler (Ash). On comprend mieux, cependant, l'évolution de la musique du combo, lorsqu'on sait que leur line up est passé d'un trio à un quintette. Et si l'empreinte du nouveau guitariste est moins palpable, puisqu'il se produisait déjà avec le groupe sur scène, celle du claviériste est davantage conséquente. Un superbe album!

Nederlands
Français 
