Ben Harper compte, à ce jour, quatre albums à son actif. Un chanteur compositeur guitariste qui possède un timbre vocal dont l'amplitude du falsetto oscille de Jeff Buckley à Cat Stevens. On retrouve, en outre, dans sa musique, la forme cinétique de Jimi Hendrix, la mélancolie baroque de Tom Waits, la sensibilité rythm'n blues de Curtis Mayfield ; et dans ses lyrics, la conscience sociale et politique d'un Bob Marley. Né en 1969, dans une famille de musiciens, Ben a été plongé, dès sa tendre enfance, dans le jazz, le gospel et le blues. Et il n'est pas difficile de s'en rendre compte, à l'écoute de " Suzie blues ", sorte de dixieland des 20's, avec grésillements et tutti quanti à la clef. Sur le titre maître également, fragment imprimé sur un boogie sudiste ; ou encore sur le gospel poisseux " Show me a little shame ". Mais a contrario de ses elpees précédents, Ben abuse ici beaucoup moins de la steel guitar. D'ailleurs, seul " Forgiven " lui est totalement consacrée. Ce qui ne veut pas dire que l'intensité électrique fasse défaut. Que du contraire ! Le métallique " Less ", le chargé de feedback, presque crazyhorsien " Please bleed " et le remarquable " The woman in you " en sont les plus beaux exemples. Cette dernière composition qui s'ébroue sur un tempo vulnérable, languissant, glisse progressivement vers le tumulte zeppelinien ; Ben abandonnant alors ses chuchotements pour épouser des inflexions aussi tempétueuses que celles de Robert Plant. Hormis le folk funkadifié au groove caraïbe, " Steal my kisses ", et " Beloved one ", limité au chant, à la dobro et à la section de cordes, le reste de l'opus affiche une coloration résolument acoustique. Aussi bien le subtil " Alone ", le final rédempteur, " In the lord's arm ", que " Two hands of a prayer ", réminiscence d'un certain " Albatross " de Fleetwood Mac. Un chouette album !

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