En 1997, les Levellers commettaient "Mouth to mouth", un disque découpé en deux phases. Une plus classique, abordée dans l'esprit folk/pop/rock des premiers elpees du groupe. Et une seconde plus expérimentale, beaucoup plus novatrice. Une approche que la formation insulaire a voulu poursuivre sur " Hello pig ". Mais sous de nouvelles formes. Oh oui, bien sûr, les compositions hymniques qui ont fait la notoriété du combo n'ont pas disparues. Elles constituent même la majorité du répertoire de cet opus. Encore qu'elles nous réservent aussi des surprises. A l'instar du bouleversant " Edge of the world ", qui bénéficie du concours d'un orchestre symphonique. Mais ce qui me paraît le plus intéressant procède surtout des expérimentations les plus pointues, que le groupe parvient à opérer sur cet elpee. Et première surprise, le groupe de Brighton pioche dans l'univers des Beatles. Sur le lennonesque " Happy birthday revolution " ; la voix pourtant nasillarde de Mark Chadwick, s'autorisant un traitement reverb si caractéristique chez John. Sur le psychédélique " Invisible ", ensuite. Mais psychédélique dans l'esprit d' " I'm the walrus ", le violon en plus. Dans ce contexte la présence d'un sitar sur quelques fragments n'est donc pas trop étonnante. Mais la quintessence de cet opus nous vient tout d'abord de " The weed that killed Elvis ", un titre qui réalise la fusion entre le prog rock atmosphérique de Gong et le post industriel d'Einstürzende Neubauten. " Modern day tragedy ", ensuite. Sorte de folk celtique que n'aurait pas désavoué les Waterboys. Enfin, juste avant qu'il ne s'enfonce dans le psychédélisme (NDR: encore!). Mais cosmique, post Spiritualized pour être plus concret. Sans oublier " Gold and silver ", ballade apparemment inoffensive, au sein de laquelle l'irruption d'un quatuor à cordes, évoque le souvenir d'un certain "Eleanor Rigby"…

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