Dix-septième album pour les Nits. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il nécessite plusieurs écoutes avant d'être apprécié à sa juste valeur. Enregistré aux studios Abbey Road, il ne recense aucune guitare, mais des cuivres, des cordes, des chœurs, des claviers, une contrebasse, des marimbas et des drums duveteux. Le tout enrobé d'arrangements en demi-teinte, dont seul Hofstede a le secret. Toujours flanqué de son inséparable ami Rob Kloet, à la batterie, Henk a élargi son line up à deux nouvelles recrues. Deux musiciennes qui apportent une touche féminine aux compositions pourtant déjà tellement raffinées et délicates. D'ailleurs, hormis la finale " Frog ", sorte d'hypothétique rencontre entre le funk blanc de Spandau Ballet et le disco de Cerrone, l'opus baigne dans une atmosphère cotonneuse, mélancolique. Douloureuse, même. A l'instar de " Ivory boy ", chanson écrite en souvenir d'un jeune homme décédé d'un cancer à l'âge de 21 ans… Suivant leur bonne habitude, le quatuor d'outre-Moerdijk n'a pas oublié de teinter ses mélodies de coloris sonores différents. Depuis la soul atmosphérique de " The wind, the rain " ou du très beau " 26A (Clouds in the sky)" au nightclubbien "Walking with Maria", en passant par la trip hop de " The darling stone ", l'easy listening de " The angel of happy hour " et l'arabisant " Crime & punishment ". Le tout abordé sous une forme plus jazzyfiante. Ce qui confère au climat de l'œuvre un charme impressionniste dont les ombres et les contours auraient pu être dessinés par Robert Wyatt, Kevin Ayers, Talk Talk ou encore Broadcast. Superbe !

Nederlands
Français 
