Pour remplacer deux de leurs employés modèles, remerciés pour bons et loyaux services, les frères Gallagher ont placé la barre très haut puisqu'ils ont débauché Andy Bell, ex-guitariste de Ride et de Hurricane #1, mais pour jouer de la basse, ainsi que Gem, jusqu'alors membre de Heavy Stereo, pour assurer la rythmique. Malheureusement, tout comme en football, ce n'est pas parce qu'une équipe dispose des meilleurs joueurs, qu'elle possède la meilleure équipe. Et on peut s'en rendre compte tout au long du quatrième album d'Oasis, qui alterne le très bon, le moins bon et le franchement dispensable. Et dans cette dernière catégorie, on peut y fourguer les prévisibles " Put yer money where yer mouth is ", le final " Roll it over ", ainsi que " Little James ", la première composition de Liam. Sub Lennon, aux rimes faciles, elle ne vole vraiment pas très haut. On monte d'un cran avec le slow sirupeux " Sunday morning call ", chanson qui à l'instar d'un " I'm not in love " de 10cc ou de " Guitar man " de Bread, aurait pu faire un malheur, au cours des seventies. Pour " Go let it over ", le cas est beaucoup plus délicat. Parce que si la mélodie manœuvre sur pilotage automatique, les claviers rognés et les arrangements beatlenesques circa " Magical Mystery Tour " font vraiment psychédélisme d'école. Un peu comme sur " Gas panic ". Mais ici, on passe à l'échelon supérieur. Surtout à cause de la participation de Mark Feltham, à l'harmonica, et de Charlotte Glasson à la flûte, musiciens qui apportent une touche toute personnelle et rafraîchissante à la composition. Une transition qui nous permet de passer à la quintessence de l'opus. Depuis l'intro " Fuckin' in the bushes ", instrumental cyclique, répétitif et torturé, au saignant et très électrique " I can see a liar ", caractérisé par des inflexions vocales aussi spectrales que celles des Stranglers du " No more heroes ", en passant par l'orientaliste, post Harrison, " Who feels love ? ", fragment qui (in)volontairement emprunte quelques accents au " Dear Prudence " des Beatles. Mais le meilleur morceau est incontestablement et paradoxalement un des rares que chante Noël. " Where did it all go wrong ? ". Une chanson dont l'intensité électrique constitue la meilleure allusion à Neil Young depuis " Slide away ". Et pour compléter le scanner du nouvel album d'Oasis, il nous reste à préciser que ce disque a été produit par Noël et Mark " Spike " Stent (U2, Madonna, Bjork, Massive Attack).

Nederlands
Français 
