Après avoir fait l'objet d'un véritable culte auprès de la presse spécialisée britannique, Placebo n'y est plus en odeur de sainteté. Et l'attitude de son leader Brian Molko y est beaucoup. En fait, " Black market music ", le nouvel opus du trio, s'est littéralement fait descendre en flammes. Et Brian l'a très mal pris. Réglant ainsi ses compte avec ses censeurs, qui du coup l'ont pris en grippe. Vous voyez l'escalade ! Et le problème n'est pas prêt de s'arranger. Pourtant, si le troisième elpee du trio n'est pas excellent, il est loin d'être mauvais. Le problème procède plus que probablement du climat qui règne tout au long du disque. Gothique ! Ce qui explique sans doute pourquoi le fil mélodique manque singulièrement de relief. Et ne laisse pratiquement aucune place à l'imprévisible. Spécificité qui avait fait l'originalité des deux premiers elpees. Il y a bien le concours du rapper Justin Warfield, sur " Spite & Malice ", et puis quelques accès de clavier sur l'une ou l'autre chanson. Mais en général, la forme reste minimaliste. En outre, comme le timbre vocal de Brian a nettement perdu de son amplitude, la vision ténébreuse de ses compositions est encore accentuée. Maintenant, dans un contexte gothique, je le répète, cette œuvre pourrait devenir une référence. Encore que je vois mal les corbeaux accueillir Molko à bras ouverts. A moins que ce ne soit le contraire. Décidément, il n'y a pas moyen de s'en sortir…

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