Pearl Jam... Voilà un groupe qui ne peut attirer que la sympathie de par son attitude. Le David contre Goliath du monde musical tente de se situer dans la ‘philosophie’ promotionnelle de l'industrie du disque, et en l'occurrence, d'une major. Les actions menées par le groupe depuis plusieurs années ne lui ont pas toujours réussies. Même si la sortie d'un nouvel opus est toujours attendue par une poignée de fans irréductibles, il faut avouer qu'il a fallu patienter presque 2 albums pour que l'originalité du groupe refasse surface (avec Yield). Non pas que " Vitalogy " et " No code " soient foncièrement mauvais, mais force est de constater que Vedder et sa bande s'étaient un peu perdus dans le dilemme de leur position. Pactiser avec le diable, ou survivre. La réponse donnée par le groupe fut tout autre, bien pire, la musique fut sacrifiée et l'attitude défendue bec et ongles. Voilà que Yield débarque et l'on se met à espérer. Le disque est bon, voire très bon, d'un bout à l'autre. Dégagé de ce combat, pour ne plus se concentrer que sur la musique, le groupe semble avoir trouvé un juste équilibre. L'espoir renaît alors. Deux ans plus tard, " Binaural " plonge, aux premières écoutes, dans le doute. Comme si " Yield " n'avait été qu'un chant du cygne, laissant la formation moribonde. Une nonchalance, un dépit, un renoncement parcourent cet opus. Un goût amer de défaite. Mais là où la magie Pearl Jam opère, c'est qu'on y revient à ce nouveau disque. Car le combat se situe également au niveau de l'auditeur. Et il faut bien admettre que passé le stade de l'adaptation auditive, les nouvelles compositions font mouche. Et sans atteindre des sommets, ce sixième disque entre quand même dans le top trois du groupe. Après tout, est-ce que, par exemple, Neil Young, a toujours sorti d'excellents albums ?

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