On ne sait pas vraiment d'où sort Alexandra Roos. Elle a déjà enregistré un album en compagnie d'un obscur groupe de rock. Mais à part ça, rien ! Heureusement, en écoutant "Quand à Tokyo un papillon bat des ailes" (un tel titre, il fallait l'oser !) on apprend plein de choses sur elle. On imagine, en particulier, qu'elle se gave de bonne, de très bonne musique depuis longtemps. Sous des apparences frêles, Alexandra Roos nous sert un vrai disque de rock, avec des ambiances dignes de dEUS, avec un venin proche de PJ Harvey (incontournable référence féminine). La différence, c'est qu'elle chante en français. Pas de messages, pas vraiment d'histoires mais des climats - la nuit, la ville, la séparation - dépeints avec justesse et chantés avec conviction. A en croire ce qu'elle raconte, Alexandra Roos a bien vécu. Elle sait, en tous cas, décrire les derniers verres et les lendemains difficiles. Dans "J'émerge", elle se fait même alpaguer de très directs "T'es rentrée à quelle heure ?" éructés par... Arno. Irrésistible inversion de rôle pour l'Ostendais. Rassurez-vous, Alexandra Roos ne nous assomme pas avec sa petite personne. Elle n'en remet pas. Au contraire, elle se contente d'évoquer ses sentiments par petites touches aussi discrètes que pertinentes. Vous l'aurez compris, on est vraiment séduit par l'album et on adorerait voir Alexandra Roos confirmer tout cela sur scène.

Nederlands
Français 
