Taxé dès ses débuts de pâle copie de Radiohead, Six By Seven s'est progressivement débarrassé de cette allégorie, en embrassant un style plus sauvage, plus viscéral, propice à des excursions soniques aussi élaborées que chez Quickspace voire Mogwai. Dispensant une intensité aussi malveillante et sensuelle qu'un Afghan Whigs et libérant un groove implacable et hypnotique digne de Spacemen 3, sa musique manifeste aujourd'hui une virginité émotionnelle très personnelle. Le timbre vocal de Chris Olley, qui oscille du falsetto au cri primal, y est sans doute pour quelque chose. Mais également la causticité et l'inventivité des accords de guitares. Des riffs qui peuvent à tout instant exploser dans une cacophonie lacérante de distorsion et de feedback, avant de retomber sur le fil mélodique. On a même droit, avec " England and a broken radio " à un détour par la cold wave ; alors que nappé de claviers hammond, " Another love song " aurait pu relever du répertoire des Charlatans. Et pourquoi pas même faire l'objet d'un single. Et, en finale, Six By Seven nous réserve une dernière surprise, sous la forme d'une ballade psychédélique et mélancolique : " 100 something foxhall road ". Encore qu'on imagine plus facilement un Smashing Pumpkins, atteint d'un coup de cafard, épancher ce type de spleen...

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