Ronald Lippock et Bernd Jestram sont de redoutables manipulateurs du son. Ce duo berlinois avait d'ailleurs sévi en 1998, en commettant " Silur ", un premier album dont la perception, à la fois émerveillée, distordue et troublante de l'électronique lui avait valu l'étiquette de post rock. En fait, Tarwater réalise la parfaite fusion entre le kautrock référentiel de Kraftwerk, voire de Can, la forme néo industrielle de Cabaret Voltaire et le trip hop de Massive Attack, Tricky et bien sûr Portishead. Il nous plonge ainsi dans un univers visionnaire, sis aux confins de la new wave atmosphérique; un univers virtuel peuplé de boucles insidieuses, de tics percussifs, bruissements organiques, samplés ou en couche, et autres gadgets technologiques tels que le stylophone, au sein duquel le timbre vocal impassible, neutre de Ronald, rôde tel un oiseau de mauvaise augure. Le sinistre " All of the ants left Paris " atteignant même le degré reedien sur l'échelle du Velvet…

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