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House of binary

Écrit par - Ian -

Il y a des personnalités qu'on désespère ne pas voir plus souvent sur le devant de la scène. Aphex Twins, certainement. Pete Astor, aussi. Je parie que son nom ne vous dit rien (qui vaille ?). Pourtant, ce joyeux drille underground se balade depuis une vingtaine d'années au sein de la sphère musicale anglo saxonne. Eternel adolescent attentif aux bouleversements musicaux, il façonne depuis vingt ans maintenant une multitudes de projets sous un nombre impressionnant de patronymes. Comme lorsqu'il illuminait, aux débuts des années 80, le label Creation de sa perle indie The Loft ; puis, peu après, lorsqu'il s'est mis à confectionner d'habiles mélodies, aux ambiances guitaristiques très Nick Drake, pour habiller son Weather Prophets. Insaisissable, le bonhomme ! Aujourd'hui, influencé par l'electronica, " parce que la guitare est trop facile ", mais toujours fan du Velvet, il ressurgit miraculeusement après une période de vaches maigres, en arborant une nouvelle identité : Harry.

Portrait kaléidoscopique d'un serial killer loufoque, l'album alterne mélancolie et folie douce sur des rythmes entêtants fait des clins d'œils rigolos aux Rolling Stones (" Coney Island of your mind "), au funk mid seventies (" Unit one "), aux ambiances jazzy cinématographiques (" Theme from Eggboy "). Bref, un joyeux foutoir qui, obligatoirement, fera le bonheur du mélomane ; qu'il soit fan de pop, de house ou je ne sais quoi d'autre. Ah si, de David Holmes, sans doute son plus sérieux concurrent. Parce que nos deux lurons possèdent une collection de disques impressionnante, brassant une multitude de styles qu'ils réutilisent tous deux sans honte. Mais si ça fonctionne sans heurt pour David, on s'y perd parfois avec Pete. " House of Binary " brasse, en effet, tellement de genres que s'élaborent parfois des idées inabouties. Nous laissant sur le côté de la route avec le sentiment de dégoût ressenti par l'auto stoppeur voyant passer une voiture au loin emplie de passagers méprisants qui ne daignent même pas le regarder. Du coup, on continuera notre route comme si de rien n'était ; car c'est toujours lorsqu'on ne s'occupe de rien que les choses viennent d'elles-mêmes. Mettez donc cet album sur votre platine puis vaquez à d'autres occupations, vous vous rendrez bizarrement compte du réel potentiel de notre ami ; déroutante personnalité schizophrène aux neurones habitées par une généreuse démence. Car, sous des dehors austère, il y là dedans de quoi passer l'hiver sans s'ennuyer. " Boxed " surprend par ses climats tendus, ses paroles délirantes. " Disco c " détourne la happy house commerciale en la tirant vers des tréfonds ombrageux. Tout en sécheresse, Woke up buzzing " fait passer Tarwater pour des petits marrants sans talent ; alors que " Pale finger " imagine Squarepusher jouant de la bossa nova…

Pour ces raisons on le chérira plus que d'autres ; particulièrement ses sonorités bancales, ses structures poppy, ses audaces provocantes. Même si cet elpee en demi teinte comporte également son lot de ratés aussi éblouissants que les réussites (" The Wisdom " ou " I'm going to make my life right ", deux tracks à la limite de la mièvrerie satisfaite). Du coup, Matador prouve encore une fois combien son catalogue regorge de personnalités rares qu'il nous faudra surveiller de près. Aphex devrait se faire des soucis.

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: The Wisdom Of Harry
  • Genre: Electro/Hip-Hop
  • Label Prod: Matador / Konkurrent (Promo : Toutpartout)
  • Date: 2000-12-31
  • Rating: 0
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