Tout comme Ray Davies, Luke Haines est un observateur attentif du déclin de la société contemporaine, britannique en particulier. Tout comme le légendaire chanteur/compositeur des Kinks, Luke est un littéraire. Et lorsqu’il compose les lyrics de ses chansons, il trempe sa plume dans l’ironie et le cynisme. Tout au long de son nouvel opus, " How I learned to love the bootboys ", il crache, de sa voix sèche et fragile, ses mots comme un serpent dans un ruisseau de débauche, d’amertume et de malveillance. Luke hait la nostalgie et le sentimentalisme. La fascination n’est qu’obsession et le spectacle voyeurisme. Lorsqu’il trouve une correspondance directe entre l’absence de couleur de l’Albion des seventies et le burlesque du monde actuel, c’est pour mieux la disséquer, avec la conscience implacable d’un chirurgien. En douze chansons, depuis l’évocation glaciale et insouciante du tube des Rubettes, " Lollop ", jusqu’à l’inquiétude suscitée par la génération future, les Auteurs essaiment leurs mélodies pop au charme faussement naïf, à l’électricité fugace, mais sauvage, un peu comme un T Rex qui aurait été privé de ses paillettes. Un bien bel album !

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