Alors qu’on aurait pu croire que les départs de Rudy Trouvé et de Stef Kamil Carlens allaient précipiter la fin de dEUS, c’est plutôt à son sacre que l’on est occupé d’assister. C’est vrai que Stef et Rudy n’ont pas lâché leurs potes sur un coup de tête. Mieux, ils ont, en quelque sorte, préparé leur départ. Et notamment en venant prêter main forte à la formation anversoise, lors des sessions d’enregistrement. En outre, Rudy a même eu le bon goût de continuer à dessiner leurs pochettes. Mais apparemment, la page est définitivement tournée, puisque les deux ex compères ne leur apportent plus aucune collaboration, ni instrumentale, ni graphique. Mais venons en au dernier opus de dEUS un disque produit par Dave Botrill, ingénieur du son de Peter Gabriel, qui vient même donner un petit coup de piano, sur un titre, " One advice, space ". Une œuvre au cours de laquelle boucles, cuivres, guitares acoustiques et électriques, piano, claviers, violon, mellotron et arrangements sordides, élaborés, cohabitent pour engendrer une musique à la fois contagieuses et oppressante, hétéroclite et intimiste, structurée et déstructurée, paradoxalement complexe et accessible… Et si les ombres de Frank Zappa, de Captain Beefheart ou de Sonic Youth planent toujours sur bon nombre de leurs compositions, c’est plutôt aux Pixies, que l’on pense, à l’écoute du remarquable " Instant street ", au King Crimson jazzifiant d’ " Island " sur " Everybody’s weird ", ou encore à Magazine, voire à l’Ultravox de John Foxx, lorsque les synthés se font plus envahissants. Nos deux coups de cœur vont cependant aux bouleversants " The magic hour " et à " Instant street ", deux compositions que vous avez sans doute, déjà eu l’occasion d’entendre, ou d’écouter, à la radio. Du grand art !

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