Un groupe tasmanien, ça ne doit pas courir les rues. Surtout de cette valeur. Pour ceux qui seraient fâchés avec la géographie sachez que la Tasmanie est la partie sud la plus orientale de l’Australie. Fallait le préciser. Paradise Motel est composé de six musiciens, apparemment drivé par un certain Matthew Aulich, mais dont le personnage central est incarné par Merida Sussex. La seule femme à bord. Une mancunienne exilée aux antipodes, qui possède une voix hors du commun. Normal, puisqu’elle était chanteuse d’opéra. Pourtant, elle a dû changer de registre, en adoptant un vocal plus adapté au style musical de Paradise Motel. Une voix troublante, glaciale, austère, et tellement pure, qu’on pourrait presque voir à travers. Imaginez une sorte d’hybride entre le timbre de Nico et celui de Hope Sadonval (Mazzy Star). Elle outre, elle dispense des lyrics dérangeants, synthèse parfaite de colère et de nostalgie, sur une musique sombre, élégiaque, atmosphérique, à la croisée des chemins de Tindersticks, du Velvet Underground et de Nick Drake. Une musique de chambre pour les nineties, dont les vagues de cordes se fracassent tantôt contre les accords de guitare arythmiques, tantôt contre les sonorités technologiques, pour mieux éclabousser cette musique pop/rock, contemporaine dans le sens le plus progressif du terme. L’opus recèle, en outre, une cover très étrange, spectrale, mais envoûtante du " Dive " de Ric Ocasek, interprétation majestueuse, opérée au sein d’un univers angélique…

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